Le Bénin s’engage pour un renforcement de son dispositif de sécurité

Le Bénin s’engage pour un renforcement de son dispositif de sécurité

Atelier de renforcement des capacités des institutions nationales chargées de la collecte et du contrôle des armes et des munitions au Bénin

Du lundi 28 au mercredi 30 avril 2025, la ville de Porto-Novo a abrité l’atelier de renforcement des capacités des institutions nationales impliquées dans la collecte et le contrôle des armes et des munitions illicites. Cet atelier, organisé à l’hôtel Les Oliviers par l’Agence Béninoise de Protection Civile (ABPC) avec le soutien technique et financier du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), marque une étape cruciale dans la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres au Bénin et dans la sous-région.

Un engagement stratégique pour la sécurité nationale

Dans le contexte de la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres au Bénin, Abdel Aziz BIO DJIBRIL, Directeur Général de l’ABPC, a souligné la nécessité urgente de cette rencontre : « Au-delà de la technique, il y a l’humain. Chaque arme récupérée est une menace écartée. Chaque cartouche détruite est une tragédie évitée. Chaque collaboration renforcée est une avancée vers une paix durable. Il est donc crucial que nous restions mobilisés, unis, et focalisés sur ce qui compte le plus : la protection de la vie, la stabilité de nos communautés et la confiance des citoyens en leurs institutions », a-t-il déclaré. Il a mis en lumière le lien direct entre la circulation illicite des armes et la complexification des opérations de secours, l’augmentation des conflits communautaires, des déplacements de populations et des actes de banditisme armé. Il a également insisté sur l’importance de l’intégration de la dimension sécuritaire à l’approche globale de la protection civile.

L’atelier vise à améliorer les connaissances juridiques et techniques des institutions nationales impliquées dans la lutte contre la prolifération des armes légères et de petits calibres sur la collecte, le contrôle, le stockage sécurisé et la gestion des armes et des munitions. Le contrôleur Général de Police, Abdel Aziz BIO DJIBRIL, a insisté sur le fait qu’« aucun acteur ne peut faire face seul à cette problématique. C’est ensemble que nous pourrons construire une réponse robuste et cohérente. »

Une perspective régionale et globale

De son côté, El Hadj Oumar Diallo, Représentant Résident Adjoint du PNUD au Bénin, a rappelé la complexité et la portée mondiale du phénomène de la prolifération des armes légères. Il a évoqué la facilité d’obtention des armes de petits calibres qui font d’elles des « armes de choix » dans de nombreux conflits, alimentant la violence et entraînant l’instabilité dans de nombreux pays. « Le Bénin, comme les autres pays du Golfe de Guinée, est directement exposé à cette menace croissante », a-t-il averti. M. Diallo a salué l’opportunité qu’offre cet atelier pour renforcer les capacités opérationnelles des institutions nationales et qui permettra au Bénin de mieux contrôler la circulation de ces armes. Il a également mis en avant le rôle crucial de la société civile et des médias dans la sensibilisation des populations et la coopération des institutions pour accroître l’efficacité des interventions.

Un appel à l’action

Le Représentant du Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Adam TAIROU YAFRADOU, a souligné que cette problématique ne se limite pas à un enjeu technique mais représente un « problème majeur de sécurité humaine ». Il a rappelé l’accroissement rapide des violences liées aux armes en moins d’une décennie et la position géographique du Bénin, qui le place au cœur d’une sous-région instable. « Il devient donc impératif de passer à la vitesse supérieure », a-t-il affirmé. Il a également rappelé que l’objectif principal de l’atelier est de renforcer les capacités opérationnelles des institutions impliquées dans la gestion des armes et des munitions, car « derrière chaque arme saisie, il y a potentiellement une vie épargnée, un conflit évité, une communauté préservée » et que l’atelier s’inscrit dans la vision d’un État résilient, capable d’anticiper et de répondre aux menaces sécuritaires.

Il a donc appelé les participants à se pencher sur l’approfondissement des cadres juridiques, le renforcement des compétences techniques en matière de stockage et de destruction sécurisée, le développement de mécanismes de traçabilité et la consolidation de la coopération interinstitutionnelle. Monsieur Adam TAIROU YAFRADOU a insisté sur la nécessité d’un engagement politique fort et d’une approche centrée sur les communautés pour garantir une efficacité réelle. Il a par ailleurs souligné l’importance de la dimension transfrontalière du phénomène et la nécessité d’une coopération régionale accrue.

Une vision commune pour un avenir sûr

Cet atelier, qui s’est tenu à l’Hôtel les Oliviers de Porto-Novo, représente un engagement fort du Bénin, avec le soutien de ses partenaires nationaux et internationaux, pour renforcer ses mécanismes de contrôle des armes légères et contribuer à une paix et à une sécurité durables pour ses citoyens et la sous-région.

Les travaux menés au cours de cette session nourrissent l’espoir d’un avenir plus sûr et stable.

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